Open Innovation Pharma : la co-construction au cœur des enjeux

L’industrie pharmaceutique est de plus en plus attirée par son écosystème externe pour développer de nouvelles solutions accompagnant la transformation des métiers, les professionnels de santé ou les patients. Au cœur de cet enjeu : la co-construction.

Face à la transformation profonde du système de santé et aux nouveaux enjeux issus de la révolution numérique de la société, l’industrie pharmaceutique a entamé sa transformation digitale qui impacte tous les métiers et l’ensemble du circuit du médicament.

Pour accompagner ce profond changement, les laboratoires se tournent de plus en plus vers leur écosystème externe en déployant des stratégies d’open innovation. Cette orientation vers l’innovation collective intègre des partenaires historiques comme les associations de patients ou sociétés savantes mais aussi tout l’écosystème de startups très présent dans le monde de la santé.

La clé du succès : la co-construction avec les parties prenantes

Avec le déploiement à grande échelle d’Internet et de solutions digitales, la relation entre les acteurs de santé est bouleversée depuis plusieurs années. Le patient devient un véritable acteur de son parcours de soin qui a favorisé l’émergence de patients experts ou le renforcement des associations de patients.

Après une première vague de solutions digitales développées sans véritable objectif, sans réponse à des besoins ou déconnectées de la « vraie vie », les laboratoires ont amorcé une démarche de co-construction intégrant des patients et/ou professionnels de santé. L’objectif est de développer des solutions pérennes, répondant à un besoin réel pour apporter un vrai bénéfice au patient dans la gestion de sa maladie au quotidien ou accompagner le professionnel de santé dans sa pratique.

Aujourd’hui, la plupart des projets digitaux amorcés par les laboratoires intègrent des associations de patients ou patients experts voire des aidants, des sociétés savantes ou professionnels de santé.

Une des méthodologies les plus répandues aujourd’hui dans l’industrie pharmaceutique pour favoriser la co-construction est le Design thinking. Il s’agit d’une approche de l’innovation qui s’appuie en grande partie sur un processus de co-créativité impliquant des retours de l’utilisateur final. En d’autres termes il s’agit d’une approche collective, collaborative entre toutes les parties prenantes. Elle permet donc d’anticiper l’usage dans la vie réelle de l’utilisateur, du patient ou professionnel de santé.

Progressivement on s’oriente vers la co-construction de solutions entre toutes les parties prenantes autour d’une pathologie, du parcours de soin… Un exemple récent est le projet AKO@dom, solution d’accompagnement numérique des patients atteints d’un cancer à domicile qui regroupe une association de patient (Patients en réseau), des startups (Continuum+, EveDrug), des académiques (CHU de Strasbourg), des industriels (PFIZER, IPSEN),…

Laboratoires et startups : une relation pas si simple

Les démarches d’open innovation initiées par les laboratoires s’orientent principalement vers l’écosystème des startups. Aujourd’hui cette relation entre laboratoires et startups apporte un certain nombre de bénéfices pour les deux entités.

Du côté des startups, la collaboration avec un grand groupe permet de bénéficier d’un soutien (financier, logistique, expertise) favorisant sa pérennité économique. Cela leur permet également de développer de nouveaux usages autour de leur activité initiale. En termes d’image et de communication, les bénéfices sont indéniables : visibilité, crédibilité, accès à de nouveaux partenaires…

Pour les laboratoires, cette collaboration contribue à transformer son modèle organisationnel en gagnant en agilité et réactivité. En termes de communication, cela contribue à donner une image d’entreprise innovante non repliée sur elle-même.

Ce type de collaboration entre des structures au fonctionnement très différent n’est pas toujours simple. L’incubateur Village by CA Paris a dévoilé en avril dernier les résultats de son baromètre annuel de la relation startup/grand groupe. Cette enquête illustre les difficultés de relation et montre l’insatisfaction des startups (notamment en raison d’un décalage d’organisation) sur un certain nombre de point :

  • Les délais de prise de décision, délais d’exécution et délais de paiement qui sont jugés beaucoup trop longs. Ils peuvent dans certains cas avoir un impact direct sur la survie ou non d’une startup.
  • Les objectifs de collaboration ne sont pas toujours clairs ni bien définis : notion de POC, soutien financier, délégation de compétences, pérennité…
  • Les lourdeurs administratives notamment contractuelles.

Des éléments à bien prendre en compte avant d’entamer une collaboration avec des startups.

Quels sont les principaux freins à l’émergence de relations durables ?

Malgré une volonté affichée de s’ouvrir vers l’externe, les laboratoires éprouvent des difficultés à nouer des relations durables avec l’écosystème des startups e-santé. On peut distinguer un certain nombre de freins ne permettant pas de développer des partenariats structurants :

  • L’open innovation comme enjeu d’image pour les entreprises. Les démarches open innovation initiées par de nombreux laboratoires affichent une volonté de porter une image innovante. On a donc parfois vu émerger des initiatives s’apparentant à de véritable coup de communication plus qu’une approche structurée sur le long terme.
  • Un manque de moyens. Face aux ambitions affichées, on observe la mise à disposition de moyens humains et budgétaires non adaptés à la pérennisation et au développement de cette activité d’open innovation.
  • Peu de vision à moyen/long terme. Les approches développées ont pour la plupart du temps une vision court-termiste calée le plus souvent sur des temps marketing. On observe une vision à court terme avec la recherche de ROI immédiat. Or les solutions e-santé doivent s’inscrire dans un timing proche de celui des produits.
  • Une organisation non adaptée. L’organisation des laboratoires n’est pas adaptée à l’innovation technologique : organisation non agile, processus non adaptés à l’innovation, fonctions supports non formées au numérique (juridique, réglementaire)…
  • Un rapport au temps différent. Les startups doivent déployer rapidement des solutions, accélérer dans leur processus de développement et de croissance. Elles se retrouvent en décalage avec l’organisation des laboratoires lente, parfois bureaucratique ne permettant pas leurs développements.
  • Un écosystème de startup fragile. En 2018, on comptabilisait près de 300 startups e-santé en France. Malheureusement parmi celles-ci, beaucoup de startups « gadgets », copies de solutions existantes ou sans véritable modèle économique avec un manque de fiabilité scientifique. Les laboratoires ont des difficultés pour trier les projets viables dans cet écosystème

Face à ces différences et difficultés rencontrées, il est nécessaire pour les laboratoires d’établir une démarche structurée d’open innovation avec une vision sur le moyen/long terme, de définir des objectifs précis et des KPIs. Le plus important étant de transformer son modèle organisationnel pour favoriser le développement de collaboration externe. Face à ce défi, ATAWAO HEALTHCARE, de par son expérience de déploiement de projets de santé véritablement innovants, se fait fort d’être un vecteur de succès pour les laboratoires.

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